Certaines races d’abeilles parviennent à dissuader leur pire ennemi, le frelon, en lui adressant un message clair quand ce dernier s’approche trop dangereusement de la ruche.

Une équipe de chercheurs de l’université de Sydney (Australie) a étudié les mécanismes de défense des abeilles et a pu en tirer des conclusions étonnantes. Confrontée à la tentative d’approche d’un frelon hostile, pire ennemi de l’abeille, la ruche bourdonne à l’unisson. En effet, chaque « soldat » secoue instantanément l’abdomen pour prévenir l’ennemi du danger auquel il s’expose.

Gare à toi, frelon!
Cette vibration collective envoie un message clair au prédateur, un ultimatum, en quelque sorte: « Dégage! ». Le frelon répond instantanément à la ruche, constate la supériorité de l’adversaire et bat en retraite.

Constatations
Afin d’étayer leurs affirmations, les chercheurs ont procédé à différentes expériences. Le volume de l’alerte s’intensifie à l’approche du frelon. Or, s’il s’agit d’une espèce inoffensive pour la communauté, la ruche n’émet aucun signal. Ainsi, en présence d’un papillon, pourtant de taille supérieure à leur principal ennemi, les abeilles ne bronchent pas.

Communication
Cette étude permet de décoder les moyens de communication à l’usage chez certains insectes. Selon Benjamin Oldroyd, directeur de recherche, interrogé par la BBC, l’étude tend à prouver qu’un moyen de communication efficace existe entre le frelon et les abeilles et que cet échange profite à la survie des deux espèces. « La ruche peut mettre ses menaces à exécution (ndlr: voir vidéo) si le frelon se décide malgré tout à atterrir. En respectant ces sommations, il évite une mort horrible », ajoute le docteur Oldroyd.

Evolution des espèces
Selon Stephen Martin, professeur à l’université de Sheffield (Royaume-Uni), le signal émis par la ruche incarne un parfait exemple d’adaptation à la coexistence. Les deux espèces doivent évoluer pour survivre et les dispositions défensives de l’une entraînent une modification de la stratégie offensive chez l’autre. Ainsi, « conscient de l’impossibilité d’attaquer la ruche, le frelon va privilégier l’attaque en vol, une technique de chasse plus complexe », précise le docteur Martin.

Leçons
« L’observation des abeilles permet d’aborder des questions fondamentales relatives au comportement des insectes, à leur organisation sociale, à leur évolution et en matière de génétique », conclut le docteur Oldroyd. (afo)

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