Un fleuriste new-yorkais correspondait avec Kadhafi
Richard Nixon, Harry Truman, l’Ayatollah Khomeini, Yasser Arafat, Hosni Moubarak ou encore Bachar el-Assad, tels sont quelques-uns des correspondants de ce fleuriste new-yorkais, connu pour une relation épistolaire de longue durée avec Mouammar Kadhafi.
Louis Schlamowitz, un fleuriste juif retraité de Brooklyn, a entretenu une correspondance durant plus de vingt ans avec le colonel Kadhafi. L’histoire, rapportée par le New York Post, commence en 1969 au lendemain du coup d’Etat en Libye. Souhaitant féliciter la victoire du rebelle, Louis Schlamowitz lui envoie un courrier dans lequel il sollicite une photo dédicacée. Un mois plus tard, il reçoit une lettre de remerciement de Kadhafi, accompagnée d’un autographe.
Les échanges entre les deux hommes se poursuivront. « Nous avons continué à nous écrire », relate Schlamowitz. Outre la banale carte de voeux, le fleuriste de Brooklyn ose interpeller le chef d’Etat sur des sujets politiques. « Je lui ai écrit, par exemple, que l’État d’Israël ne disparaîtrait jamais, parce que c’était la patrie du peuple juif ». Une remarque que Kadhafi ne laissera pas sans réponse. « Les Américains utilisent le terrorisme contre le peuple palestinien en fournissant des armes et des avions aux Israéliens pour attaquer les camps palestiniens. Si les États-Unis deviennent agressifs envers nous, nous (la Libye) deviendrons un deuxième Vietnam », menacera-t-il dans ce courrier de deux pages qui date de 1981.
Cette relation perdurera jusqu’à l’attentat de Lockerbie qui fera 270 victimes en 1988. Conscient de l’implication de son correspondant dans ce qu’il qualifie de « crime contre l’humanité », Louis Schlamowitz y mettra à un terme et recevra par ailleurs la visite de la CIA, désireuse d’en savoir plus sur ces échanges. Il ne reprendra sa plume que lors du récent soulèvement populaire qui a éclaté au printemps 2011. « Si tu ne t’occupes pas de ton peuple, c’est ton peuple qui s’occupera de toi ». Le courrier lui sera retourné sans même avoir été ouvert.
Le décès de Kadhafi ne va toutefois pas mettre un terme à la passion de Louis qui la définit comme un passe-temps et non comme un acte politique. A ce jour, quelques 6000 lettres et dédicaces composent une collection qu’il cultive toujours en échangeant, notamment, avec Bachar el-Assad. (LS)
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