La coupe du monde de jardinage
Les meilleurs jardiniers-paysagistes de la planète ont convergé vers le sud du Japon pour une joute annuelle peu médiatisée en Belgique mais qui jouit d’un certain succès outre-Manche.
« Huis Ten Bosch« , le parc à thème néerlandais à l’initiative de l’événement, est la réplique d’un vieux village hollandais du XVIIe siècle. C’est dans ce cadre surréaliste près de Nagasaki qu’a eu lieu la seconde édition de la coupe du monde de jardinage-paysagisme au début du mois d’octobre. Un lieu hautement symbolique un an après les commémorations du 65e anniversaire du bombardement atomique de la ville.
En 1945, trois jours après Hiroshima, la puissance nucléaire s’abattait de nouveau sur l’archipel. 75.000 personnes perdirent la vie en un instant. Presqu’autant de Japonais succombèrent à leurs blessures ou à la maladie des jours, des mois ou des années plus tard, relate The Telegraph.
Le tremblement de terre, le tsunami et la catastrophe nucléaire ont tragiquement ravivé cette année les pires heures de l’histoire japonaise et chaque maître jardinier en compétition a tenu à rendre hommage à sa manière aux 20.000 victimes ou disparus.
Le « but du jeu » consistait à concevoir un jardin capable de subsister au moins quatre semaines en ayant recours uniquement à la végétation locale.
Le titre toute catégorie est revenu cette année à l’Australien Jim Forgarty déjà lauréat du prestigieux Flower Festival de Chelsea en mai dernier.
La puissance des symboles
Un prix spécial a été attribué à la Suissesse Anouk Vogel pour une création originale décorée de mille fleurs en papier. Un clin d’oeil non seulement à la passion que vouent les Japonais à la pratique de l’origami mais aussi à une légende ancestrale bien connue des autochtones: on raconte, en effet, que la confection de mille grues en papier exauce les voeux de santé, de bonheur et de longévité.
La symbolique de la grue est en outre liée à l’histoire de Sadako Sasaki: cette fillette d’Hiroshima, atteinte de leucémie à la suite de l’explosion de la bombe atomique, avait entrepris de réaliser mille grues en papier. Son décès prématuré avait laissé une oeuvre inachevée que les élèves de sa classe prirent soin de terminer. La grue en papier devint un symbole de paix et le modèle élémentaire de tout origamiste. (A.F.)
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