L’amour des Chinois pour le golf inquiète les autorités locales
Au cours de la dernière décennie, le golf est devenu le hobby préféré des Chinois fortunés, mais le pays commence à se soucier de son impact sur l’environnement et les ressources naturelles.
L’explosion du golf en Chine est telle que le gouvernement avait interdit quasiment toutes les constructions de nouveaux parcours en 2004, parce qu’il s’inquiétait des terres et des ressources naturelles avalées par leur construction. Pourtant, comme quiconque s’est rendu en Chine depuis peut en témoigner, l’interdiction n’a pas été suivie d’effets.
D’après les médias chinois, on recensait 170 parcours en 2004. En 2009, ils étaient au nombre de 570. Les gérants de parcours ont utilisé toutes sortes de subterfuges pour contourner l’interdiction, préférant jouer sur les mots en décrivant leurs parcours comme des « parcours d’entraînement ».
Mais l’Etat commence à sévir. Ne serait-ce qu’à la périphérie de la ville méridionale de Shenzhen, cinq parcours font actuellement l’objet d’enquêtes.
Environ trois millions de Chinois pratiquent le golf régulièrement, mais ce chiffre devrait atteindre six millions d’ici cinq ans et 12 millions d’ici dix ans. Le golf a été introduit en Chine en 1984, avec l’ouverture du parcours Zhongshan City dans la province méridionale de Guangdong, après une longue interdiction par le gouvernement communiste, qui estimait qu’il s’agissait d’un sport élitiste.
Ironie du sort, le succès du golf aujourd’hui s’explique justement parce qu’il est présenté comme un sport pour les plus fortunés, une catégorie sociale en plein essor.
Cela ne manque pas de décevoir Zhang Xiaochun, doyen de la seule « université du golf » du pays, qui fait partie de l’université de Shenzhen. Selon lui, l’action étatique anti-golf procède de la décision des gérants de parcours de présenter ce sport comme une activité réservée aux élites.
« Je n’arrête pas de leur dire qu’il faut le rendre moins ostentatoire et dire que le golf appartient à tout le monde », confie-t-il au quotidien China Daily. « Mais ils ne veulent rien entendre. »
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