ADN : rattrapé 21 ans plus tard par un mégot de cigarette
Roland Talmon aurait pu continuer à vivre discrètement de ses larcins sans s’inquiéter de rien. Mais le caïd marseillais, appelé aussi « Le Gros » dans le milieu, a été rattrapé par une histoire qui remonte à plus de vingt ans, à cause d’un mégot de cigarette, rapporte le quotidien La Provence.
Ce mois de mars 1990, une équipe composée d’une dizaine de braqueurs attaque un fourgon sur l’autoroute A86, à Illach-Modenheim près de Mulhouse (Haut-Rhin). Le coup est bien préparé. Trois voitures tamponnent le véhicule qui achemine près de 33 millions de francs (plus de 5 millions d’euros) vers la Suisse, raconte France Soir.
En peu de temps, les malfaiteurs s’enfuient avec leur magot, sans laisser de trace. Du moins, sans laisser de trace apparente pour les moyens techniques et scientifiques de l’époque.
Fiché génétiquement
Vingt-et-un ans plus tard en juin 2010, la police investit, dans le cadre d’une « opération de grande envergure », le yacht d’un parrain de Marseille Bernard Barresi, en cavale depuis plusieurs années, à Juan-les-Pins. La course s’arrête ici pour celui-ci, puisque l’homme a été condamné en 1994 à vingt ans de réclusion criminelle pour avoir participé à ce vieux braquage.
C’est dans le cadre de cette enquête que la police a ressorti les scellés de l’époque et y a appliqué ses nouvelles techniques d’investigation. Elle a réussi à remonter la trace de Roland Talmon via un mégot de cigarette trouvé dans les cendriers des voitures des malfaiteurs. Son ADN figure dans les bases de données du Fichier national automatisé des empreintes génétiques. Le constat est donc sans appel.
Joueur né
Roland Talmon était déjà sous contrôle judiciaire, après avoir passé quelques années en prison pour des opérations de blanchiment de bons du Trésor et des recels de vol. Mais la justice ne peut désormais plus lui reprocher ce vieux braquage, car le délais de prescription a été atteint. L’homme, âgé de 50 ans aujourd’hui, pourrait toutefois être poursuivi pour le recel de son vol, ce type de délit étant continu.
Le caïd est de l’ancienne école. Il est impliqué dans des trafics liés aux machines à sous clandestines et est décrit comme étant un joueur et un flambeur né. « Le jeu, c’est comme la faim. Quand on a envie de jouer, on trouve des gens pour jouer », racontait-il à ses juges pour expliquer l’origine de ses revenus, d’après La Provence.
Il a été cité comme témoin par la défense de Bernard Barresi et est attendu la semaine prochaine aux assises du Haut-Rhin à Colmar.
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