Web: un cadre prétend être une femme pour humilier un salarié
Tombé amoureux sur le net, un salarié d’entreprise est allé jusqu’à se livrer à une relation sexuelle virtuelle via webcam. Avant d’avoir la désagréable surprise de découvrir que l’objet de son amour était une création d’un supérieur hiérarchique malintentionné.
L’usage du net a permis de débrider la créativité de certains en matière de harcèlement sexuel et de violence morale au travail. En atteste cette histoire un peu glauque intervenue dans une entreprise niçoise et relayée par Eco89.
Le cadre d’entreprise dont il est question, un certain Stéphane S., s’était fait passer pour une femme prénommée « Irène » afin de piéger un de ses salariés. Il a depuis été licencié pour faute grave, « pour avoir utilisé le matériel informatique professionnel pour harceler sexuellement et moralement un de ses collaborateurs directs sous des pseudonymes féminins ». Un licenciement que l’intéressé a contesté devant les tribunaux français, dont la Cour d’appel et enfin la Cour de cassation.
Au final, la Cour de cassation confirme dans un arrêt rendu le 12 mai dernier que Stépahen S. s’est bien rendu coupable de « violence morale » en prétendant être cette « Irène » dont son salarié était tombé éperdument amoureux.
Plus de 3000 messages échangés
Devant les juges, le salarié piégé raconte que durant environ un an, il a échangé « plus de 3000 messages » avec ladite Irène. Il était évidemment loin de se douter que derrière cet idylle virtuelle se cachait l’occupant du bureau de son supérieur hiérarchique.
Dans l’arrêt de la Cour de cassation, on peut également lire qu’ il « est établi que M. Stéphane S. a, durant son temps de travail, et par l’intermédiaire de son poste informatique de travail, multiplié les contacts avec [le salarié] sous le pseudonyme de ‘Irène’, amenant ce dernier à entretenir une relation amoureuse virtuelle avec ‘Irène’, à se déshabiller et à se ‘donner’ devant la caméra ; que le scénario mis en scène par M. Stéphane S. pour tromper son subordonné a été d’autant plus efficace qu’il profitait de la proximité de ses liens professionnels avec [le salarié] pour recevoir ses confidences et développer ainsi son emprise psychologique ».
Le cadre va jusqu’à « tuer » sa créature virtuelle
Le cadre licencié n’a pas ménagé sa victime. Dès lors, son employeur n’a pas hésité à parler de « torture morale » dans sa lettre de licenciement.
Stéphane S. a en effet mis à profit sa relation de confiance avec son salarié pour s’assurer d’une emprise totale sur lui. Selon l’arrêt de la Cour de cassation encore, la victime parlait ainsi « d’Irène à son manager M. Stéphane S. ‘tous les jours’, ce dernier ayant décidé de faire mourir ‘Irène’ dans un accident de voiture en janvier 2005 alors que [le salarié] commençait à chercher activement à remonter la trace de la messagerie de irenenice06@aol.com ».
Pour éviter ce genre de désagréments, lorsqu’on vous propose de vous abandonner devant une webcam, proposez que votre dulcinée virtuelle partage le plaisir avec vous devant sa webcam à elle. Et si celle-ci présente une ressemblance troublante avec votre supérieur hiérarchique, dites-vous qu’il y a anguille sous roche…
rtbf.be




