La station de métro Dostoïevski à Moscou pourrait inciter au suicide
Avec ses personnages vendus, damnés, alcooliques, meurtriers, Dostoïevski n’a jamais été très connu pour sa joie de vivre. En mai dernier, les autorités avaient même repoussé l’inauguration d’une station de métro portant son nom à Moscou, sous prétexte que les fresques qui la décoraient, inspirées de ses romans, risquaient d’inciter les usagers les plus fragiles au suicide. La station a fini par ouvrir il y a quelques jours.
Il est vrai que les mosaïques en question (accusées d’être trop « lugubres » et « déprimantes ») sont fidèles à l’œuvre de Dostoïevski : sur l’une d’entre elles, on voit le Raskolnikov de Crime et châtiment menacer d’une hache ses futures victimes. Sur une autre, un personnage des Démons braque une arme contre sa tempe. Ces images, qui avaient circulé sur le web en avril dernier, ont rapidement suscité la controverse. Ivan Nikolaev, l’artiste qui a réalisé les décorations murales de la station, y a répondu en ces termes : « Que vouliez-vous ? Des scènes de danse ? Il n’y a pas ça chez Dostoïevski. »C’est finalement le maire de Moscou, Yuri Luzhkov, qui a tranché. Une grande fresque représentant l’écrivain, le regard sombre, accueille désormais les usagers de passage à la station Dostoïevski.
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