Le manège d’une employée a duré trois ans, pour le plus grand plaisir des automobilistes. Jacqueline encodait les PV comme payés, et recevait des cadeaux en retour.

Elle faisait disparaître des PV contre du vin

Elle faisait disparaître des PV contre du vin


L’ancienne responsable du service transactions du parquet de police de Charleroi a comparu devant le tribunal correctionnel de Charleroi. On lui reproche d’avoir, pendant trois ans, manipulé le système informatique, en mentionnant faussement que plusieurs centaines de transactions étaient payées, alors qu’elles ne l’étaient pas.

L’employée, Jacqueline L., est en aveux partiels, mais elle a expliqué que certains avaient pu aussi utiliser son mot de passe pour effectuer ces manipulations. Elle a expliqué que jamais elle n’y avait trouvé d’enrichissement personnel, mais que si elle recevait des cadeaux, ceux-ci étaient partagés avec ses collègues de bureaux. Il s’agissait, en partie, de bouteilles de vin. « Ces bouteilles de vin et ces cadeaux ont été donnés pour le service et pour le parquet de police. Ces objets ont servi à l’occasion de fêtes de Saint Nicolas, de fin d’année, de rentrée judiciaire, de mise à la pension de collègues et tout le monde connaissait manifestement la provenance de ces objets », a déclaré Albert Hotelet, avocat de la fonctionnaire, ce que les anciens collègues démentent.

Un manque à gagner de 73.000 euros

L’Etat s’est constitué partie civile, à hauteur de 73.0000 euros, le montant des transactions qui auraient dû être payées et ne l’ont pas été, en raison de ces manipulations, qui ont concerné 638 dossiers, selon les réquisitions du parquet. Deux co-prévenus comparaissent également. Il s’agit de deux frères. L’un d’eux servait d’intermédiaire, fournissant les contraventions à « gommer », et apportant des cadeaux à la principale prévenue; le second avait perçu une somme d’argent d’un contrevenant pour effectuer la même démarche, qui n’a pas abouti et qui a déclenché l’enquête, fin 2007.

Le Procureur du Roi, Christian De Valkeneer, a réclamé 15 mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende contre Jacqueline L., ainsi qu’une déchéance de ses droits civils. Il a requis douze mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende contre un frère, trois mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende contre l’autre. La défense a plaidé le climat de l’époque, estimant que d’autres avaient été informés de ce système. Les trois défenseurs ont réclamé la suspension du prononcé de la condamnation. Jugement le 21 juin.

rtlinfo.be